C’est une idée qui me trotte en tête depuis longtemps. La trace écrite, en étude de la langue notamment, a été une véritable source de questionnement ces dernières années. La notion de “mémo” me semblait intéressante sans jamais que je lui trouve une forme et une place optimale. Les questions de la taille, la longueur, du contenu ou encore de son utilisation ont été au cœur de la réflexion qui ont mené à l’outil que je vous propose ici.

Une leçon ou un mémo ?

D’un côté, je trouvais mes leçons trop longues. C’était un rappel quasi-exhaustif qui permettrait aux élèves de se remettre la leçon en tête dans les moindres détails. Et justement, le risque était bien de se perdre dans les détails. La leçon devient un outil peu pratique, au quotidien, auquel l’élève recourt peu, à moins d’avoir tout oublié. Cela dit, l’avantage est que l’élève qui a manqué un cours ou qui n’a pas bien compris peut gagner en autonomie grâce à la leçon et essayer, au moins, de comprendre seul. De plus, la leçon est suffisamment explicite pour qu’une personne extérieure (étude surveillée, aide individuelle, parent) puisse aider l’élève, dans une certaine mesure. L’équilibre reste difficile à trouver entre le “trop” et le “trop peu”.

D’un autre côté, des leçons trop schématiques et sommaires me semblaient peu appropriées à une révision à la maison. Donc, il faudrait pouvoir être certain que l’élève connaisse déjà parfaitement le contenu de sa leçon, à quelques détails prêts. Il devrait avoir parfaitement compris le fonctionnement de la compétence travaillé. Il faudrait aussi que ce schéma soit “parlant” pour tous. Certains élèves, en fin de cycle 2, on encore beaucoup de mal avec le visuo-spatial et les flèches ne leur parlent pas forcément plus que les mots.

On pourra toujours recourir aux cartes mentales ou construire avec les élèves ces schémas. A moins que chacun ne fasse le sien, puis qu’on prenne le temps de vérifier chacun, on risque d’avoir un outil qui ne correspond pas à tous.

Une leçon et un mémo

Du coup, je décide de tester cette année l’utilisation de deux outils.

La leçon : un support polyvalent

Le premier reste la leçon. Les leçons me permettent de réunir plusieurs formats, selon celui que je juge le plus efficace ou porteur de sens :

  • diverses représentations : tableaux, schémas, textes très courts (une phrase ou deux), cartes mentales réalisées par les élèves, leçons à manipuler, etc.
  • des compléments utiles comme des QR codes pour des vidéos complémentaires ou des jeux de révision

Ainsi, je peux même choisir, selon la notion, de l’aborder de façon plutôt traditionnelle (on découvre en classe et on révise à la maison) ou de fonctionner en classe inversée (on découvre/revoit la notion en autonomie puis on l’aborde et l’entraine en classe). Je peux aussi plus facilement recourir à ces leçons dans le cadre d’un fonctionnement en plan de travail.

Enfin, et je trouve que c’est aussi important : le support leçon s’approche des livres. Ainsi, lorsqu’on propose de réviser une leçon, on peut aussi entrainer progressivement une compétence importante pour la suite : apprendre en autonomie. Même s’il est encore tôt, en CE2, je crois qu’être capable d’aborder une leçon de façon autonome reste un facteur de réussite.

Le mémo : un outil transitoire

Le mémo, lui, prend une autre place dans l’apprentissage. Il ne rappelle que des éléments vraiment essentiels, triés et sélectionnés parmi tous ceux que nous verrons en CE2. Ce sont les éléments qui posent le plus de difficulté mais qui sont aussi centraux, très souvent. Le mémo est un aide-mémoire, il rappelle certains points très précis comme les terminaisons ou les différentes graphies d’un son.

Ainsi, il fonctionne comme une béquille : il permet de vérifier rapidement un point très précis ou de compenser le manque d’une information en mémoire. Cela dit, il n’explique pas tout en détail, ni les procédures, ni tous les liens qui existent entre les connaissances acquises. Le mémo ne remplace pas l’apprentissage d’une leçon, il aide temporairement. Car oui, plus on y recourra et plus il y a de chance que l’information cherchée finisse stockée en mémoire.

Progressivement, l’élève n’a alors plus besoin de son mémo et sera prêt pour passer au niveau supérieur.

Le mémo d’étude de la langue en CE2

Le format du mémo

J’ai choisi un format assez classique : celui du porte-clés. Il pourra s’accrocher à la trousse, au sac et même être conservé à la fin de l’année facilement. Cela implique cependant de s’équiper un peu et de bricoler :

Le contenu du mémo

Je me suis vraiment centrée sur ce qui me semble essentiel au CE2, que je veux voir acquis par tous mes élèves mais qui peut nécessiter un effort de mémorisation :

  • Quatre pages permettent un rappel sur les deux chaines d’accord principales : l’accord dans le groupe nominal et l’accord sujet-verbe.
  • Six pages listent les terminaisons à l’imparfait, au présent et au futur selon le sujet (cf. Ma conjugaison inspirée par la conjugaison horizontale).
  • Quatre pages recensent les principales difficultés d’orthographes contextuelles par son ([s], [k], [g] et [ʒ]).

Quatorze petites pages, donc, pour aider à mémoriser l’essentiel en grammaire, conjugaison et orthographe. Les natures de mots ne sont pas réexplicitées ici. D’abord, j’ai un affichage sur les classes ou natures de mots que je juge suffisant et qui reste disponible à tout moment dans la classe, toute l’année. Ensuite, parce que je reste dans une optique pratique : reconnaitre certaines natures aide à réaliser les accords. Je me centre donc sur l’aspect utile de la connaissance. On retrouve alors les principales classes de mots dans le mémo, là où elles sont utiles, sans les redéfinir : noms (communs et propres), déterminants, adjectifs, pronoms personnels et verbe.

Enfin, les classes de mots, comme les temps, sont représentés grâce à mes petits personnages natures de mots et le personnage verbe au passé, présent ou futur. Des affichages complémentaires sont disponibles sur le blog concernant cette dernière notion.

Les fichiers

Il s’agit d’un fichier au format A4, sur deux pages. Les deux pages permettent de réaliser trois porte-clés, par soucis d’économie de papier et de plastique. On n’a pas toujours un nombre d’élèves multiple de trois mais les restes pourront toujours servir à un nouvel élève arrivant en cours d’année ou pour l’année suivante.

Mémo porte-clés en français

En “option”, si la présentation correspond à votre façon de faire, il est possible d’ajouter une page sur le passé composé.

Mémo porte-clés - le passé composé

Vous avez aussi la possibilité d’ajouter une première page, si vous avez décidé, comme moi, de rassembler le mémo de français et le mémo de mathématiques.

Mémo français et maths - première page

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