Des jeux pour apprendre à se connaitre et développer l’empathie

Le moment de l’année n’est peut-être pas le plus évident pour apprendre à se connaitre. Les élèves sont dans la même classe depuis plusieurs mois maintenant. Et pourtant, certains groupes restent cloisonnés, les « nouveaux élèves » (j’en ai conservé une majorité d’une année sur l’autre) ou certains élèves profitant du dispositif ULIS (j’en ai six) n’osent pas toujours aller vers les autres. Des amitiés se tissent, des liens également, mais je voulais leur donner un petit coup de pouce juste avant les vacances (de février). Nous avons donc sorti deux jeux de société pour apprendre à mieux se connaitre : Dimoi et Feelings (que Didacto m’a gracieusement envoyés).

Didacto, partenaire des écoles

Didacto, c’est une entreprise et un site internet propose des dizaines (centaines ? je pense) de jeux et de supports de manipulation pour des enfants et élèves allant à la crèche jusqu’en CM2. J’aime beaucoup les sélections faites par thématiques, la variété et la richesse du catalogue. Quand je cherche un jeu pour mes élèves, c’est ma référence, comme pour beaucoup d’autres professeurs.

Bonne nouvelle : vous pouvez payer par mandat administratif, donc vos achats pourront aussi passer sur votre commande de classe !

Pourquoi des jeux de société ?

J’avais déjà rédigé un article sur les émotions et l’estime de soi. Les principes restent les mêmes : un jeu permet un approche ludique, décentrée et me permets moi d’être en retrait. Je leur explique les règles éventuellement puis ils jouent et moi, je m’éclipse discrètement. Le ton peut alors être aux confidences.

D’autres fois, au contraire, je vais participer. Les élèves sont toujours très amusés de découvrir leur maitresse de façon plus informelle. Je ne le fais que ponctuellement, pour lancer les choses, les motiver, puis, à nouveau, je tâche de me mettre en retrait.

Quand utiliser ces jeux de société ?

Le plus difficile est peut-être de savoir quand placer un temps dédié à ces jeux de société. Il ne s’agit pas de transformer la classe en centre de loisirs. Comme toujours, il est intéressant de réfléchir en termes d’objectifs d’apprentissages.

Dans mon école, nous avons constaté de grosses difficultés à jouer, tout simplement : lire des règles, mettre le plaisir du jeu avant la victoire, coopérer, accepter la défaite, etc.

Voici plusieurs idées que j’ai expérimentées (il en existe d’autres) :

  • le dernier jour avant les vacances (pour remplacer le traditionnel « film de fin de période » pas toujours très pédagogique) ;
  • dans le cadre d’un projet (par exemple en arts plastiques, faire le « portrait » d’un camarade en y intégrant des éléments de sa personnalité, des anecdotes, etc.) ;
  • dans le cadre d’ateliers ou de centres dédiés à l’éducation morale et civique (apprendre à vivre ensemble), en petit groupe ou accès libre ;
  • dans le cadre d’une séquence en éducation morale et civique plus guidée (sur les compétences psychosociales par exemple) ;
  • en accès libre en récréation ou sur un temps informel (pause de midi en sortie, etc.).

Les compétences psychosociales, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des compétences transversales, liées au bien-être psychologique et social. Elles sont au nombre de dix, parfois réunies par paires ou rassemblées en trois grands domaines :

Compétences sociales
  • Communication verbale et non-verbale
  • Empathie
  • Capacités de résistance et de négociation
  • Coopération
  • Plaidoyer
Compétences cognitives
  • Prise de décision
  • Pensée critique et auto-évaluation
Compétences émotionnelles
  • Régulation émotionnelle
  • Gestion du stress
  • Auto-évaluation et auto-régulation

Et vous ? Quand utilisez-vous ce type de jeu ou quand pensez-vous le faire ? Avec quel objectif ?

Quels jeux de société pour apprendre à se connaitre ?

J’ai donc expérimenté deux jeux de société Dimoi et Feelings que j’espérais acquérir depuis quelques temps maintenant. Et je ne suis pas déçue !

Feelings : le jeu de l’empathie et des émotions

J’avais découvert Feelings grâce à éducaflip par l’intermédiaire de Charivari, Lutin Bazar, Monsieur Mathieu et Lorin (Orphys) (mais il y a aussi Jeux d’école qui participe je crois). Vous pouvez découvrir une petite vidéo de présentation ci-dessous (avec l’ancienne édition, le jeu a été simplifié depuis et les visuels ont été revus) :

Le principe est de réussir à deviner, parmi une sélection d’émotions, laquelle éprouverait un camarade dans une situation (souvent rigolote) donnée. Un grand nombre de thématiques sont abordées : un parent devient influenceur sur les réseaux, découverte d’un nouveau vaccin ou d’un moyen de parler avec les animaux, etc. On ne peut ni perdre ni gagner : à la fin, on estime juste le « degré d’empathie » du groupe qui joue. Au fil des parties, ce « degré » progresse la plupart du temps. C’est le défi que se lancent les élèves en tout cas.

J’adore ce jeu, et mes élèves aussi. C’est peut-être même le préféré de certains. Je compte le ressortir cette année. Apprendre à imaginer l’émotion d’un autre, prendre conscience que tout le monde ne ressent pas la même émotion dans une même situation, c’est tellement important ! J’y vois aussi une forme de prévention pour l’adolescence et le collège, où l’empathie des pairs fait parfois défaut.

Dimoi : le jeu pour apprendre à se connaitre

Le jeu Dimoi permet d’apprendre à se connaitre. Je trouve que c’est un bon complément à Feelings.

Les élèves piochent simplement une carte et doivent répondre à la question ou montrer/mimer (j’ai tout juste eu le temps de prendre la fuite avant de devoir montrer mon meilleur pas de danse). Beaucoup d’émotion, de rire, de partage. Les élèves ont trouvé ce support divertissant avant tout, sans forcément se rendre compte de ce qu’ils découvraient les uns des autres.

La présence d’un adulte est parfois souhaitable car ils ne comprennent pas toujours le but des questions mais il suffit de rester disponible, accessible et de tendre une oreille. Certaines questions sont peut-être plutôt destinées à la sphère privée. Par exemple, mes élèves ne comprenaient pas la question « Comment te sens-tu quand je ne suis pas là ? » très pertinente si c’est un parent qui lit la question à son enfant, un peu moins quand c’est un camarade de classe. Il suffit de changer de carte dans ce cas-là.

A votre tour : quels autres jeux utiliseriez-vous pour apprendre à se connaitre les uns les autres ?

Les partenariats sont désormais monnaie courante dans la sphère des professeurs. Il devient difficile de savoir qui est honnête dans ses retours et qui ne fait qu’un travail d’influenceur, dans le but de vendre en échange de biens matériels voire d’un paiement. Avant même Instagram et depuis mes débuts, je m’efforce de choisir mes partenaires mais surtout, je refuse les consignes de communication, les textes déjà rédigés, les obligations de dire du bien si je n’aime pas et le matériel qui, a priori, ne me sert à rien. Il m’arrive même de ne pas publier si un produit de ne me plait pas. Votre confiance m’est trop précieuse.

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