Cette année, je réalise un projet autour des contes avec mes élèves. Nous en restons aux contes traditionnels mais en élargissant légèrement. Il n’y aura pas que le petit Chaperon rouge et la Belle au bois dormant ! On a aussi travaillé sur des contes un peu oubliés, de Grimm ou de Perrault notamment. Il faut dire que les contes n’ayant pas été adaptés par Disney sont souvent inconnus des élèves. Cela leur a permis de voir qu’un conte, ce n’est pas juste une histoire de princes et de princesses.

Et justement, je voulais éviter qu’en production d’écrit, je me retrouve uniquement avec des contes parlant de valeureux princes sauvant une belle princesse en détresse. Du coup, il fallait que je réussisse à leur proposer un cadre qui encourage plus de variété et d’originalité. Je voulais les pousser un peu en dehors des sentiers battus, quitte à ce que la production finale n’ait plus forcément l’air d’un conte traditionnel.

Les dés à conter

En explorant la toile cet été, l’idée de dés a fini par émerger. C’est une idée qu’on trouve par exemple sur le site « For French Immersion« . L’idée est donc de lancer différents dés qui définiront des contraintes d’écriture. J’ai choisi de fabriquer quatre dés :

  • Quand ? Un moment : dans le passé ou le futur, il y a très longtemps, lors d’un après-midi ensoleillé ou une nuit noire, etc.
  • Où ? Un lieu : dans une rue déserte, un immense parc, etc.
  • Qui ? Un personnage : un troll des cavernes, un esprit des forêts ou encore un fantôme farceur et une poule audacieuse, etc.
  • Quoi ? Un objet : des bottes volantes, un livre fantastique, etc.

La production orale ou écrite

Ils lancent donc ces quatre dés. Ensuite, libre à vous de les lancer dans une production d’abord orale. Mine de rien, inventer une histoire qui tient la route demande de l’entrainement ! On sera beaucoup plus efficace s’ils ont pris l’habitude de se raconter des histoires. Qui plus est, les autres peuvent être acteurs et auditeurs, ils porteront donc un regard critique et la construction collective sera plus prolifique.

Un exemple pour une production orale

Les élèves jouent en équipe de quatre élèves. Chaque élève a un dé.

  1. Celui qui a le dé « Quand ? » le lance. Il doit formuler une phrase ou deux pour situer temporellement l’histoire.
  2. Le dé « Où ? » est lancé. L’élève pose le décor en une à deux phrases.
  3. On lance ensuite le dé « Qui ? ». L’élève décrit le personnage principal de l’histoire.
  4. Enfin, le dé « Quoi ? » est lancé et l’élève doit intégrer cet objet dans une situation problématique.
  5. Chacun leur tour, ils rajoutent une phrase pour parler de la quête du personnage principal et le dernier doit clore.

Attention, ce type de dispositif a un inconvénient majeur : les élèves restent cantonnés à un schéma type. Le personnage de dé est forcément le personnage principal, par exemple. On peut donc faire varier les contraintes : le personnage aidera le personnage principal ou, au contraire, sera son opposant. L’objet peut être présent au début ou être l’objet de la quête. Faire varier les consignes me semble essentiel car le but de ces dés est bien d’élargir le champ d’inventivité des élèves.

On peut aussi, plus simplement, lancer les quatre dés et réfléchir tous ensemble. Dans la constitution des groupes, il faut alors essayer d’avoir un élève « cadrant ». Il va vérifier que les quatre dés sont utilisés sans pour autant écraser les autres sans leur laisser le droit à la parole. Cela peut être un rôle défini à l’avance si vous fonctionnez avec des rôles en travail de groupe.

Un exemple pour une production écrite

On peut aussi demander aux élèves de lancer les dés et d’écrire. C’est ce que je fais en général en premier jet, simplement pour créer le besoin des supports et entraînements supplémentaires que je leur apporte ensuite. Ils les investissent d’autant plus. Qui plus est, chacun a déjà développé quelques idées qu’il pourra mettre à profit lors du travail de groupe.

Certains peuvent bloquer. La lecture de contes variés au préalable me semble important pour éviter ce blocage. Le professeur peut aussi venir aider l’élève à sa lancer. Sinon, les entrainements oraux évitent en général ce problème.

D’autres n’arrivent pas à structurer, à défiler une histoire complète. Pour ceux-là, je leur apporte simplement une grille qui les aide à se lancer et à construire cette histoire.

Là encore, l’idée me vient d’internet et de tous ces merveilleux blogs qu’on trouve ici et là. Lilomots propose une fiche en Français toute prête, mais qui restait un peu trop dans le carcan du conte traditionnel et je ne voulais pas trop orienter mes élèves non plus. Ce blog s’était lui-même inspiré d’une idée un peu plus large trouvée sur « teachingsuperpower.com » : Summarizing.

Alors voici ce que je leur propose :

Fiche support pour écrire un conte.

 

Fiche pour écrire un conte (2653 téléchargements)

J’imprime, je plastifie et ils écrivent avec mes crayons « Triple One » de la marque Lyra. Un coup d’éponge humide et ce brouillon sera effacé et le support réutilisable. Le but n’est pas qu’ils rédigent sur ce support mais qu’ils y notent des idées. Ecrire au feutre ou au gros crayon les force à synthétiser pour ne par tout écrire car il n’y a pas la place pour !

Le but principale est, bien sûr, de leur permet aussi de savoir à quel moment apparaîtra telle ou telle contrainte.

Fiche pour écrire un conte (2653 téléchargements)

Pensez à bien télécharger le pdf : pour des soucis d’optimisation (poids de la page à charger), l’image n’est pas à sa meilleure qualité !

Fabriquer les dés

En cartonnage

Pour ma part, j’ai fait cela en cartonnage. Je vais essayer d’expliquer rapidement la démarche.

Matériel nécessaire

Voici ce dont vous aurez besoin :

  

Mode d’emploi

Pour résumer, il suffit de couper les 6 faces puis de mettre de la colle à papier forte (ou pistolet à colle pour ma part) sur les arrêtes pour coller le tout ensemble et former un cube. Je consolide les arrêtes avec de kraft gommé qu’on découpe et mouille légèrement pour qu’il colle. Enfin, je colle les étiquettes avec de la colle à papier liquide. Et pour faire plus joli, j’ai ajouté du masking tape (scotch coloré) que j’avais acheté pour mon Bullet Journal à l’époque. Je vernis pour rendre mes dés un peu plus durables et le tour est joué !

En détail, qu’est-ce que ça donne ?
  1. Je coupe 4 faces rectangulaires 4,3mm x 4,1mm. Les millimètres manquants sont apportés par l’épaisseur de l’autre face qui sera collée contre.
  2. Je coupe 2 faces carrées à 4,5mm de côté.

Essayez d’abord de voir ce que ça donne avant de coller, même si, en réagissant très vite, on peut décoller pour corriger le tir quand on est au pistolet à colle. Avec les quatre premières faces, je fais les côtés du cube. Ensuite, je ferme en haut et en bas avec les deux faces carrées. Voici un schéma pour que ce soit plus clair (je l’espère) :

Schéma cartonnage dé

Je mets la colle sur les arrêtes. J’attache deux cartons ensemble, puis ajoute un troisième, etc. S’il le faut, j’ajuste un peu avec mon cutter.

Quand les cubes sont collés et fermés, je coupe des bandes de kraft gommé d’environ 6 centimètres. Le but est de coller sur l’arrête, de part et d’autre. Pour coller : une petite éponge légèrement mouillée sur la face brillante qui devient collante ! On applique alors sur l’arrête. Ensuite, ce qui dépasse en haut et en bas est transformé en « languettes » que je rabats.

Kraft gommé sur une arrête Kraft gommé sur une arrête découpé

Sur ces deux photos, le modèle n’est pas un cube. Les proportions ne seront donc pas les mêmes.

Voilà, mes cubes sont prêts !

Cubes en cartonnage kraftés

Reste ensuite à imprimer les faces, les découper, les coller avec de la colle à papier et éventuellement décorer les arrêtes avec du masking tape, un peu comme on l’a fait avec le kraft gommé (mais en plus précis !). Si vous n’avez pas prévu de décorer avec du masking tape, je conseille de renforcer les arrêtes une deuxième fois avec du papier blanc.

Enfin, quand tout est bien sec et fixé, je pose une couche de vernis colle à la brosse. Comme cela laisse des traces, je fais exprès de faire des croisillons en alternant les coups de brosse verticaux et horizontaux. Si on vernis trop tôt, la couleur de l’encre peut légèrement dégorger.

En pliage du patron

Plus simple, j’ai aussi décidé de vous fournir les patrons à découper, plier, coller. Ça, je pense que vous savez tous faire ! L’avantage, c’est que ça coûte moins cher à la fabrication et prend moins de temps. Par contre, le résultat n’est peut-être pas aussi durable !

Les fichiers

Deux fichiers disponibles donc : la version « cartonnage » et la version « patron ». A vous de choisir celle qui vous convient le mieux !

Dés à conter - cartonnage (602 téléchargements) Dés à conter - patron (562 téléchargements)