Parmi les 108 heures forfaitaires que doivent les professeurs des écoles, 48 d’entre elles sont, en partie, réservées au relations avec les familles. Bien sûr, il ne s’agit pas d’utiliser ces 48 heures exclusivement pour ces rencontres. Cela dit, de manière générale, nous sommes très nombreux à passer de nombreuses heures à ces rendez-vous qui sont si importants pour maintenir le lien entre école et familles. Ce partenariat est essentiel pour la réussite et le bien-être de l’élève.

Reste à pouvoir rendre ces rendez-vous efficaces et à en garder une trace. L’outil que je vous propose ici, une fiche de suivi des rendez-vous avec les familles, est devenu un support incontournable pour moi depuis que je l’utilise.

Le partenariat avec les familles

Avant de traiter du document lui-même, parlons rapidement de la collaboration avec les familles. On parle de “partenaires” : ils sont l’un d’entre eux, l’un de ceux qui participent à l’éducation de l’enfant et l’un des plus importants sans doute. Il ne faut pas oublier que si, sur une journée d’école, l’élève passe 25% de son temps en classe (42% si on enlève le temps de sommeil), il passe l’essentiel de ce qui reste avec sa famille en général (hors périscolaire). Sur une année entière, c’est seulement 10% de son temps ! De quoi relativiser et réaliser à quel point ce qui se passe hors de l’école est essentiel.

On pourrait ajouter de nombreux autres éléments qui nous invitent à relativiser notre propre place dans l’éducation de l’enfant mais aussi à se rendre compte de l’importance des parents. Après tout, quoi de plus irremplaçable qu’un parent ?

Alors quoi, sommes-nous si peu utiles ? Bien sûr que non ! Je dis tout cela car il me semble que beaucoup se lancent dans le métier de professeur des écoles avec l’espoir de guider les adultes de demain et d’influencer l’avenir pour un monde meilleur. Ce n’est pas bête du tout, selon moi (bien que la formulation pourrait être sujette à débat). Cela dit, si on se lance dans cette mission tout seul, sans les parents, je crois qu’on se dirige droit dans le mur. Parfois d’ailleurs, un sentiment amer d’impuissance finit par nous envahir et nous empêche d’aller de l’avant.

Si jamais vous cherchez des pistes concrètes pour aller vers plus de “coéducation” avec les parents, je vous invite à lire cet article très concret du site “Climat Scolaire” du réseau Canopé. Vous y trouverez toute une série de pistes de réflexion et d’actions à mener à différentes échelles (classe, école, etc.).

Le suivi des rendez-vous avec les parents

Je ne vais pas essayer de fournir ici un “guide” exhaustif qui expliquerait comment réaliser le rendez-vous parfait avec un parent d’élève. Déjà, parce que le rendez-vous parfait n’existe pas et qu’il nous revient de nous adapter à chaque situation pour faire au mieux. J’ai déjà fourni quelques petits conseils dans mon article à destination des professeurs qui débutent (ou pas). On n’abordera pas non plus les rendez-vous de la même façon dans une école où on arrive ou face à des parents qu’on connait déjà. Faire un travail d’énumération des points à penser me semble être un sacré défi que je ne relèverai pas aujourd’hui.

Par contre, je vais essayer d’expliquer comment la fiche que je vous propose ici, en téléchargement, m’aide dans mon organisation avec les parents d’élèves. Je saupoudrerai le tout de quelques explications sur le fond qui risquent de paraitre bien banales aux yeux des plus expérimentés. A la fin de l’article, une image de la fiche explicitée pourra peut-être suffire pour les plus expérimentés.

Avant la rencontre

Cela peut sembler évident mais j’évite les rendez-vous pris en urgence, à moins qu’il n’y en ait vraiment une. Si un parent demande à me voir à 16h, entre deux portes, et que le sujet n’est pas si pressant, je propose un rendez-vous dans un délai raisonnable (moins d’une semaine quand c’est possible) mais ne vais pas forcément accueillir le parent le jour-même ou le lendemain. Pourquoi ?

D’abord parce que le simple fait de différer va permettre au parent de poser les choses mentalement. Comme je lui demande de formuler la raison de cette demande de rendez-vous, il va pouvoir maintenant penser et structurer les éléments précis qu’il souhaite aborder. Je glisse aussi que ce sera l’occasion de parler de la scolarité de l’enfant en général (quand ça me semble opportun) ce qui invite le parent à voir plus large. Enfin, si d’aventure il devait s’agir d’un sujet potentiellement source de tensions, on laisse un peu de temps à la tension pour redescendre. Il ne s’agit pas d’éconduire le parent mais simplement de se laisser un peu de temps pour être plus constructif. Tout cela est fait dans le respect du parent et de sa légitimité.

Maintenant, il y a aussi du travail à faire côté enseignant ! On ne se tourne évidemment pas les pouces (!) pendant ce délai et on se donne aussi le temps à soi de penser les choses. Car oui, nous aussi nous pouvons avoir des éléments à organiser, d’éventuelles tensions à éviter, des points différents à aborder ou encore des antécédents à vérifier. Nous avons la responsabilité, en tant que professionnels, de faire en sorte que ce rendez-vous soit porteur et bénéfique. C’est là que ma fiche (ou mes fiches) entre en jeu.

Le premier rendez-vous

S’il s’agit du premier rendez-vous avec la famille, je n’aurai probablement pas d’archives à consulter, à moins que la collègue précédente ait elle aussi fait des fiches et qu’elle me les ait transmises. Cela dit, il y a parfois des comptes-rendus d’équipe éducative ou de suivi ou quelques documents à récupérer. J’aime bien y jeter un œil pour pouvoir savoir ce qui a déjà été dit et essayer d’évaluer comment a évolué l’élève. Il se peut aussi qu’il y ait quelques informations sur la position de la famille par rapport à tel ou tel problème (même si cela peut aussi évoluer). Enfin, parfois, il arrive que la famille ait eu à charge une démarche à réaliser en fin d’année (PRE, par exemple) et je pourrai faire le point, relancer, aider ou orienter les parents si besoin. Si je n’ai aucune information et que j’en ressens le besoin, il m’est aussi possible de consulter le collègue qui suivait cet élève l’année précédente.

Attention ! Je ne parle pas de juger a priori ni l’élève ni la famille. Il ne s’agit d’ailleurs jamais de juger. Je parle d’être informé pour pouvoir effectuer un suivi efficace de la scolarité de l’élève. Il me semble que nous sommes tous, en tant que professionnels, capable de faire la part des choses et de laisser la place à une évolution positive des comportements, des apprentissages ou encore des relations école-famille.

Pour tous les rendez-vous

Enfin, que j’aie ou non accès à ces informations, je dois préparer ce que moi j’ai à dire. Classiquement, je fais un point sur le comportement (rapport à l’apprentissage inclus) et les apprentissage eux-mêmes. J’en parle même s’il n’y a “rien à en dire” car, dans ce cas, cela signifie que l’élève est en réussite. D’ailleurs, il y a toujours quelque chose à en dire. Le tout n’est pas de s’étaler mais de pouvoir montrer qu’on observe l’élève dans sa globalité, avec ses difficultés comme ses réussites. Enfin, je n’oublie pas d’intégrer, bien sûr, le ou les points que souhaitait aborder le parent qui demande le rendez-vous si ce dernier était à son initiative.

Sur ma fiche de suivi des rencontres école-famille, que je prépare en amont, je vais donc écrire :

  • Nom et coordonnées de l’école (on peut mettre un tampon aussi)
  • Date du rendez-vous
  • Nom, prénom et classe de l’élève
  • Les thèmes abordés durant la rencontre (sorte d’ordre du jour de la réunion)

Pour ces derniers, vous remarquerez qu’il n’y a pas beaucoup de place. C’est voulu. Il s’agit d’une trace, pas d’un compte-rendu exhaustif. Le but n’est pas de lire un paragraphe préalablement rédigé mais bien de mettre en ordre et de synthétiser ses idées. Il s’agit aussi de hiérarchiser : qu’est-ce qui doit à tout prix être dit en priorité et qu’est-ce qui peut attendre ? Car si on noie le parent sous un torrent d’informations, et c’est pire si elles sont désorganisées, le risque est surtout que plus de la moitié ne passe pas et que le contact ne se fasse pas. Or, c’est tout le contraire de ce que nous voulons : nous voulons engager un partenariat avec le parent. Il doit se sentir reconnu dans sa légitimité et capable d’aider et soutenir son enfant. Il devrait voir en nous un professionnel bienveillant qui se propose de l’accompagner dans cette démarche.

Selon les thèmes prévus, je peux réunir quelques cahiers ou productions de l’élèves, des documents qui pourront être utiles ou nécessaires, etc. Tout sera disposé sur le bureau où la table où je rencontrerai les parents. Je suis d’ailleurs plutôt adepte d’une rencontre “autour d’une table” que “face à face”.

Pendant la rencontre

Je vous épargne le détail du trajet jusqu’à la classe. Pensez juste que le parent n’est pas forcément à l’aise et que la rencontre a commencé au moment même où vous vous êtes aperçus l’un l’autre. Je m’efforce donc d’être aussi accueillante et disponible que possible dès les premiers instants mais ne débute bien sûr pas le rendez-vous en lui-même entre deux portes.

Au début, je vais prendre ma fiche et reprendre le contexte : pourquoi ce rendez-vous ? Qui en est l’initiateur ? Quel était le sujet de préoccupation ? etc. J’expose ensuite le déroulé que j’avais pensé pour cette rencontre et j’explique la présence de la fiche “compte-rendu”. Le but n’est pas d’intimider la famille mais d’expliciter l’utilité de cet outil : il me permet d’assurer un meilleur suivi de leur enfant sur l’année et pourra même servir de passerelle avec la classe suivante. Le point ou les points qu’ils avaient demandé à aborder sont bien sûr dans les thèmes prévus. S’ils en ressentent le besoin, ils peuvent intervenir bien sûr.

S’ils sont d’accord avec tout cela (ce qui est généralement le cas), nous voyons point par point (thème par thème) ce qui était prévu. Régulièrement et à la fin de chacun d’entre eux, un temps est laissé au(x) parent(s) pour s’exprimer. S’il ne le fait pas, il y est invité explicitement. Il ne s’agirait pas de faire un exposé mais d’établir un lien. L’avis et le regard du ou des parents sont importants et nous en avons besoin.

Quand le parent apporte une précision qui me semble intéressante à noter, je l’ajoute dans la dernière case de la fiche. Ainsi, je ne perds pas trace de ce qui a été dit. Cela peut être aussi varié qu’un cadre familial ou un rythme de vie particulier, des activités périscolaires, un suivi chez un professionnel, un problème de santé ou encore un trait de caractère.

Le format imposant d’écrire peu, cela permet de rester centré sur l’échange et non la prise de note. En effet, être “scotché” à sa feuille peut déstabiliser les parents en face de nous ou les mettre mal à l’aise. Il m’arrive même de ne rien noter pendant la rencontre et de prendre des notes rapides à l’issue du rendez-vous, lorsque cela me semble plus opportun.

Après la rencontre

Après une dernière relecture de ma fiche, afin de vérifier que je n’oublie rien, je la range dans mon classeur du remplaçant pour l’année. Je réserve en général une pochette de classeur par élève. La ou les fiches seront ressorties au prochain rendez-vous mais pourront aussi être utiles en cas d’équipe éducative ou de suivi.

Si elles sont dans le classeur du remplaçant, c’est aussi que ces documents me semblent utiles pour un remplacement long. Le professeur remplaçant aura accès aux “archives” des rencontres précédentes et n’aura pas forcément tout à reprendre de zéro. S’il se questionne sur un élève en particulier, il pourra aussi effectuer une recherche plus ciblée.

Enfin, en fin d’année, je propose ces fiches aux collègues qui accueilleront mes élèves.

Les fichiers

Il s’agit de deux fichiers PDF. Le premier est plus simple et le second ajoute simplement une ligne : qui a demandé le rendez-vous et pour parler de quel sujet ?

Vous remarquerez qu’il s’agit d’un formulaire. Vous pouvez donc très bien opter pour un remplissage numérique, sur votre ordinateur ou votre tablette. Si vous préférez le papier, pas d’inquiétudes : lorsqu’on imprime, les petites cases ne sont pas visibles. Vous verrez la fiche vierge ci-dessous :

Fiche de RDV avec les parents - explications

Avant d’imprimer de multiples exemplaires, je conseille simplement de remplir, en haut à gauche, la partie dédiée aux informations de l’école : nom, adresse, téléphone. Vous pouvez, là-encore, remplir le formulaire puis imprimer ou remplir cet espace à la main (ou avec un tampon !).

Suivi des RDV avec les parents

Suivi des RDV avec les parents (2)

  • A moins que les documents modifiables ne soient déjà à disposition dans l'article, je ne les fournirai pas. Il n'est donc pas utile de me les demander.
  • Merci de ne pas partager de versions modifiées de mes documents. Si vous souhaitez partager ces derniers, préférez un lien vers l'article mais ne proposez pas de téléchargement direct.