Les programmes actuels nous invitent à mettre les élèves en situation de coopération en EPS, le tout pour leur permettre d’accepter l’opposition et, notamment, la défaite. Cela dit, le début d’année n’est peut-être pas le meilleur moment pour se concentrer sur l’opposition et la compétition. Je préfère, comme beaucoup, nourrir ou créer une bonne ambiance, saine et coopérative. On apprendra à s’entraider, à communiquer, à intégrer les autres même s’ils sont (supposés) moins bons, etc. J’avais donc besoin d’une sélection de jeux (sportifs si possible) qui me permettraient de travailler les compétences nécessaire à la coopération tout en limitant au possible l’opposition entre les élèves.

Le blog de chat noir

A ce sujet, Chat Noir avait aussi rédigé, l’an passé, un article pour les CP. Nos sélections se recoupent parfois, mais il y a aussi chez elle des jeux que vous ne trouverez pas ici et vice versa.

Les programmes de 2015

Oh non ! Pas l’éternel rappel des textes ! Bon, faisons court : en objectif de fin de cycle, le mot “coopérer” apparait mais ensuite, dans le détail, il n’y est plus. On parle essentiellement d’opposition, de rôles, de règles et d’accepter la défaite. Bref, on peut se demander ce qu’une séquence dédiées aux jeux coopératifs pourrait avoir à faire là-dedans. Eh bien, disons que c’est une préparation car, avant de chercher à s’affronter en équipe, il faut déjà savoir jouer en équipe.

Autre argument : le socle commun. Celui-ci parle clairement d’activités et projets collectifs. On va donc pouvoir se raccrocher à ce texte. On nous dit que : 

[l’élève] prend sa place dans le groupe en étant attentif aux autres pour coopérer ou s’affronter dans un cadre réglementé.

La coopération comme objectif

Ce n’est pas un secret : je n’aime pas la compétition. Je n’aime pas être en compétition mais je n’aime pas non plus mettre mes élèves en situation de compétition quand il est possible de l’éviter. Pourtant, si on n’y fait pas attention, on le fait tout de même assez souvent. Alors voilà, depuis quelques années, je me suis penchée sur deux objectifs : réduire les situations de compétitions inutiles et travailler explicitement et de manière ciblée la coopération.

La sélection des jeux coopératifs

Pour choisir mes jeux coopératifs, j’ai choisi un certain nombre de critères :

  • Les élèves sont en situation de coopération : tous les élèves participent à la réussite du collectif.
  • Il n’y a pas de classement ou de dualité gagnant/perdant.
  • Il n’y a pas de notion de “niveau” : les activités proposées ne demandent pas de performance ou d’habilité particulières.
  • Tout le monde participe : il n’y a pas d’élimination ou de joueur en marge.
  • Il n’y a rien à gagner, si ce n’est le plaisir de réussir ou de relever un défi. 
  • Les élèves sont, la plupart du temps, en action et en mouvement. Il s’agit de jeux plutôt sportifs, exploités dans le cadre des séances d’EPS.

Coopérer à deux, en groupe ou en classe entière

Coopérer s’apprend. De ce fait, il peut être intéressant de varier les modalités. L’une des variables sur laquelle on peut agir est le nombre de personne avec qui on est susceptible de coopérer. J’ai donc choisi des activités permettant de coopérer à deux (binômes), en groupe (de trois à huit élèves) ou en classe entière. 

Pour chaque jeu, à droite du titre, vous trouverez une icône vous permettant de savoir s’il s’agit de coopérer à deux, en groupe ou en classe. Les voici :

Coopérer en se parlant, ou non

Dans la vie de tous les jours, on coopère essentiellement grâce au langage qui nous permet d’expliquer, échanger, débattre, etc. Cela dit, surtout lorsqu’on est en présence les uns des autres, on envoie aussi toute une série d’autres signaux grâce à notre corps et notre visage. On se rend bien compte que ces signaux nous manquent parfois lorsqu’on est en collaboration avec d’autres personnes via internet (à l’écrit) et qu’on traite un sujet délicat. Il me semble donc important, aussi, de leur permettre de découvrir qu’il existe un autre langage à prendre en compte : le langage du corps.

Aussi, dans un certain nombre de jeux, il est possible de ne plus autoriser les échanges verbaux. Les élèves sont alors amenés à communiquer autrement. On y gagne aussi en calme, ce qui peut aider à gérer le rythme et l’excitation lors de sa séance d’EPS. Certains élèves s’agiteront tout particulièrement et ponctueront leurs grands gestes de “hm hm hm” mais d’autres seront plus méthodiques, posés, essayent le mime par exemple. 

Evolution et variantes

J’ai essayé, dans la mesure du possible, de proposer diverses variantes et évolutions du jeu de base. Ainsi, un même jeu pourra évoluer et permettre d’approfondir certaines compétences ou d’autres. On pourra aussi, en augmentant la difficulté, pousser les élèves à en approfondir certaines. 

Si jamais vous avez d’autres idées d’évolution d’un des jeux cités, n’hésitez pas à me les faire connaitre en commentaire de cet article. Et si vous connaissez d’autres jeux aussi, d’ailleurs !

Les risques de compétition

Trouver des jeux où les élèves ne se compareront pas n’a rien d’évident. La plupart, d’une façon ou d’une autre, présentent des failles. J’ai essayé de les signaler chaque fois que j’en voyais une. Elle seront annoncées par un petit panneau “attention”.

Le fichier

Voici, au format PDF, l’ensemble des jeux que j’ai sélectionné avec leur descriptif, les objectifs, etc. Je vous avoue que j’ai fait ça “un peu vite” alors il reste peut-être des coquilles ou des trous. N’hésitez pas à me les faire remarquer.

EPS - Jeux coopératifs

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