Les profs blogueurs sont nombreux, très nombreux. Ils nous aident au quotidien avec des ressources, des articles réflexifs et des idées. Chaque année, de nouveaux professeurs sautent le pas, comme je l’ai fait il y a plus de deux ans. C’est quand on rentre dans ce monde qu’on réalise tout le travail que suppose un blog. Comment ne pas, dès lors, être d’autant plus reconnaissant envers ceux qui nous ont inspirés ? Après tout, l’idée même d’un blog vient d’eux. 

Pourtant, il nous a semblé important de communiquer à ce sujet. Respecter les autres blogueurs passe par un certain nombre de pratiques que nous avons souhaité réunir dans une charte. Ainsi, nous souhaitons afficher nos pratiques mais espérons aussi que d’autres blogueurs se joindront au mouvement. Evidemment, la plupart des profs blogueurs se montre déjà cybercourtois. Ouf !

Cette charte, vous la retrouverez ici ou en cliquant sur le logo présent dans la barre latérale et dans le pied de page.

Logo de la charte de cybercourtoisie

Pourquoi la cybercourtoisie est importante pour moi

Respecter l’auteur et les profs blogueurs

La première chose, quand on cite une source, c’est évidemment qu’on lui témoigne du respect en reconnaissant son travail et son investissement.  On le remercie de nous avoir aidé aussi, quelque part. Rien que ça devrait suffire à motiver tous les blogueurs à respecter les quelques principes de base explicités dans la charte.

C’est aussi respecter les profs blogueurs que d’échanger courtoisement avec eux. Parfois, on oublie. D’autres fois, on n’y a tout simplement pas pensé. Bref, les maladresses arrivent plus souvent que les actes réellement malhonnêtes. Les erreurs, ça arrive ! Aborder la personne avec respect me semble être un minimum. 

Rendre service aux collègues visiteurs

Seulement, il n’y a pas que ça selon moi. Je pense aussi à ceux qui font une recherche et tombent sur mon blog. Je n’ai pas la science infuse, ni réponse à tout. Ils trouveront peut-être ici quelques éléments de réponse mais surement pas tout. Et puis, ce que je leur propose nécessitera probablement des adaptations.

C’est aussi pour cela que citer mes sources d’inspiration (même quand je m’éloigne du travail d’origine) me semble utile : elle permet une mise en réseau des idées. Ainsi, le collègue qui tombe sur mon blog pourra aussi découvrir d’autres point de vue, d’autres façons de faire, qui pourront tout autant l’inspirer.

Et si ce n’est pas ma version qu’il préfère, tant pis ! Ou plutôt : tant mieux ! Si j’ai un peu de chance, il laissera un commentaire en m’expliquant son point de vue. Ainsi, j’aurai matière à réfléchir et la possibilité d’avancer. On a donc tous à y gagner.

Etre honnête

Et puis, il est question d’honnêteté. Les blogs ont déjà la fâcheuse tendance à laisser croire que nous sommes de bien meilleurs enseignants que c’est le cas en réalité. On n’y publie que des choses dont nous sommes un minimum satisfaits (voire fiers), pas nos échecs (ou très rarement).

Pourtant, je suis comme n’importe quel collègue : je loupe des séances régulièrement, j’arrive parfois avec trop peu de préparation, j’oublie mes affaires, je me sens parfois dépassée, parfois débordée, j’en fais toujours beaucoup moins que je ne voudrais et surtout : je n’invente pas tout de A à Z. Or, si je ne citais jamais aucune source, je laisserais entendre que j’ai tout inventé. Ce serait presque laisser entendre que je suis un super-génie de la pédagogie !

Ce n’est pas le cas… alors citer mes sources, c’est aussi dire à tous mes visiteurs que je suis comme eux : moi aussi je suis allée sur des blogs pour trouver des idées. C’est les respecter eux aussi.

Quel internet laisserons-nous à nos élèves ?

Que penserions-nous d’un élève qui, pour une production d’écrit, nous sortirait un texte pris sur internet où il aurait changé quelques formulation, sans citer sa source ? Sans doute peu de bien : il triche au pire, il n’a pas compris au mieux.

Nous expliquons à nos élèves l’importance du respect, l’importance de bien se comporter sur internet (comme en vrai) et nous ne nous appliquerions pas nos propres leçons ? Si nous agissons n’importe comment, si nous n’y pensons pas, nous transformons peu à peu “internet” et ses usages. Or, nos élèves arriveront bientôt sur la toile (certes probablement pas sur des blogs de profs) et hériterons de ce que nous en aurons fait.

Internet est déjà le lieu de bien des incivilités, il ne manquerait plus que les profs s’y mettent !

Une charte pour y réfléchir, une charte pour fédérer

Alors voilà, en publiant cette charte, je souhaite aussi inviter tous mes contacts et visiteurs blogueurs à y penser. Si vous êtes arrivés jusque là (bravo ! :P), si vous êtes blogueurs et si vous aussi vous adhérez à ces principes, il vous suffit de :

  • publier un article sur votre blog expliquant votre démarche et les raisons qui ont motivé votre adhésion à cette charte (pas forcément aussi longuement que dans mon article, ou plus si vous préférez, peu importe !)
  • copier-coller (à l’identique) le texte de la charte pour le rendre disponible sur une page fixe (si possible)
  • afficher le logo de cette charte sur votre blog avec un lien vers la page fixe de la charte (si possible toujours)

Il n’y a bien sûr aucune obligation. Cette adhésion est libre et non-contrôlée. Il n’y a aucune autre contrainte que celle de respecter le texte original.

Pensez juste à ne pas modifier le logo ni le texte de la charte. Nous y travaillons depuis un moment et y avons passé du temps. Si chacun y va à sa sauce, il ne s’agira plus d’un mouvement fédérateur autour d’un consensus.

Et si vous n’êtes pas blogueur, je compte quand même sur vous pour partager l’existence de cette charte (enfin, si elle vous plait).