Chaque année, c’est la même chose ! Je passe des heures et des heures à m’arracher les cheveux avec mon emploi du temps pour faire rentrer 24h d’enseignements obligatoires dans 22h de temps réellement disponible. Je pleure intérieurement parce que je ne veux pas mettre l’EPS en dernière heure mais que je ne veux pas non plus y mettre la littérature, de peur que ça saute un peu trop souvent. J’enrage de ne pas savoir où placer mes heures d’Anglais et je peste parce qu’il y a toujours 5 minutes qui trainent ici où là, avant une récréation ou la pause déjeuner.

Et puis, après ce moment d’arrachage de cheveux intense, priant pour qu’il me reste encore quelques cheveux sur le caillou (une calvitie chez une femme, ça peut faire tâche à la rentrée !), il faut mettre ce fichu emploi du temps en « numérique », sachant pertinemment qu’à la pré-rentrée ce sera la guerre pour les créneaux d’EPS, que tout sera chamboulé selon que la ville et l’inspection m’aient accordé un intervenant en gymnastique ou en musique et qu’il faudra tout revoir le soir-même !

Le changement, c’est maintenant

Alors, chaque année encore, je me fais mon petit fichier. Au début, c’était Word, mais trop galère pour les changements. Après, c’était Excel, mais je n’étais pas encore satisfaite. Et puis cette année, j’ai pris un des modèles déjà existants, parce qu’il était bien paramétrable (je peux dire si je veux des tranches de 5 minutes ou 15 ou 30, ou tout ce que je veux !) et compléter. Il n’est pas encore parfaitement automatisé, mais c’est déjà beaucoup plus pratique. Ce que j’aime aussi, à avoir une tranche de temps régulière, c’est qu’on voit très vite, visuellement, le temps qu’on accorde aux disciplines. Au courant de l’année, j’espère même réussir à faire un décompte automatique du temps passé sur chaque discipline, mais ça, ce sera pour plus tard ! Je le note sur « ma liste imaginaire » (la fameuse liste des trucs à faire, mais on ne sait pas quand).

Comme je ne dois pas être la seule à avoir ce fichu problème chaque année, j’ai décidé de partager le fichier vierge ainsi que mon emploi du temps de cette année !

Le fichier

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Il s’agit d’un fichier .xlsx donc nécessitant l’une des dernières version de Microsoft Office, que vous pouvez avoir pour 11,10€ de manière tout à fait légale. Et vu la perle qu’est cette suite de logiciels inégalée, ça vaut le coup :).

A noter qu’il s’agit d’un fichier modifiable mais que je ne ferai pas de support technique (faute de temps :(). Excel n’est pas forcément facile d’utilisation pour tous mais j’ai pris le temps de faire un petit mode d’emploi sur le dernier onglet. Avec ça, un moteur de recherche et un peu d’huile de coude, vous devriez vous en sortir ! Je vous rassure, je n’ai rien mis de bien compliqué, il suffit de connaitre les bases.

Mon emploi du temps

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Je m’explique pour celles et ceux qui s’interrogeraient sur mes choix.

Tout d’abord, il faut savoir que j’aime avoir une activité très ritualisée. C’est extrêmement pratique lorsqu’il s’agit de s’organiser soi-même et c’est un repère tout aussi important pour les élèves, surtout les les élèves en difficulté. On constate souvent, chez les élèves en difficulté, un certain nombre de repères pourtant essentiels qui leur manque cruellement : l’espace, le temps, le but, et quelques autres. On sous-estime souvent, quand on débute (en tout cas moi je l’ai fait), l’importance que peut avoir la régularité et la prévisibilité d’une journée pour un élève. C’est d’autant plus vrai que beaucoup sont particulièrement angoissés et que, même sans l’être, la plupart laissent leur esprit s’envahir de questions du type « et après, qu’est-ce qu’on fait ? » ou encore « c’est quand qu’on fera EPS ? », esprit qui devient du coup beaucoup moins réceptif aux apprentissages.

Le mercredi a un rythme un peu différent, notamment pour mathématiques et arts, d’abord parce que j’aime bien que cette journée fasse un peu coupure avec de l’inhabituel, ensuite parce qu’il faut bien caler un créneau d’Arts visuels quelque part !

Français

Le jogging d’écriture est pour moi une activité qui mêle étude de la langue et production d’écrit, ou plutôt, qui constitue une activité de production d’écrit complète, tout en dédramatisant l’acte d’écrire. Vous avez déjà cette expression ? C’est normal, le jogging d’écriture n’est pas mon invention ! Je ferai un article sur « mon » jogging d’écriture très prochainement je pense. Ensuite, l’étude de la langue a un créneau relativement réduit : je suis une progression spiralaire où plusieurs notions sont étudiées par semaine, mais avec une seule découverte ! Du coup, pas besoin d’y passer une heure, je préfère garder du temps pour la lecture et la production d’écrit qui aura lieu l’après-midi, sur le dernier créneau.

Pourquoi ? C’est ce qu’on appelle un « retour à l’écrit ». La fin de journée est souvent pénible dans les zones les plus sensibles (voire dans toutes les écoles), pour nous comme pour les élèves qui ont des journées interminables. Du coup, revenir, pendant le dernier créneau horaire, à une activité calme, cadrante, posée, où il est possible de travailler seul, c’est une bonne chose ! Le risque, c’est que ce temps soit trop réduit par des pauses un peu trop longues (la récréation a été réinstaurée l’an passé dans ma circonscription l’après-midi).

Petite astuce en cas d’agitation extrême ? S’il n’est vraiment plus possible de travailler, je mets ma séance de côté et je pars sur de la copie (explicite) d’une leçon, qu’importe la discipline (en général, je choisi dans « Questionner le monde », mais pas toujours) ou d’une poésie. Ça calme tout le monde et ça me permet de gagner du temps ensuite sur la discipline choisie : je pourrai alors rattraper un peu de temps pour la littérature ou la production d’écrit ! A ne pas utiliser trop souvent et attention à la façon de le présenter : la copie n’est pas une punition, c’est un apprentissage. En général, je leur dis clairement que là, selon moi, ils sont trop agités pour écouter et bien apprendre, et que c’est pour moi aussi fatiguant que c’est inutile pour eux. Je leur indique donc le changement de programme mais précise aussi que la séance qui était prévue sera faite, mais plus tard.

Anglais

L’Anglais avant la récréation permet de souffler un peu sur les deux séances de Français avec beaucoup d’écrit mais aussi de profiter d’une pleine concentration des élèves. Comme il y a beaucoup d’oral et que tout s’apprend en classe, je préfère des petites séances avec beaucoup de répétitions au cours de la semaine. Les résultats sont en général très bons. Le risque, c’est de laisser déborder la séance d’étude de la langue et de faire sauter l’Anglais. Franchement, à ne surtout pas faire ! Bon, en début d’année à la limite, le temps que le cadre et le rythme soient posés (je n’ai encore jamais réussi à faire Anglais vraiment le premier mois).

Mathématiques

Des séances d’une durée plutôt longue, elle sont constituées de 15 minutes de calcul mental et calcul réfléchi pour lundi, mardi, jeudi et vendredi puis de 45 minutes de découverte et entrainement, selon le même principe de progression spiralaire qu’en étude de la langue. Le mercredi a un créneau réservé à des ateliers ou des jeux de révision (je n’ai pas encore bien balisé le protocole et la rentrée approche : panique !).

Arts

Un peu de musique tous les jours, notamment parce que j’adore finir ma matinée avec du chant, voire parfois une petite dance, une session d’écoute active, ou quelque chose qui détend. Les élèves partent de la classe avec le sourire et n’explosent pas à la sortie. Le petit truc de rentrée ? Chanter en Anglais pour réviser des connaissances des années passées (nombres, jours, couleurs, etc.). Comme ça, même si le créneau Anglais a sauté, on fait chant et anglais sur le même créneau ! Une façon de se donner bonne conscience… 😛

Les Arts Visuels sont le mercredi matin pour des raisons avant tout pratique : je veux avoir le temps de ranger et nettoyer un minimum la classe ou la salle d’Arts Visuels. C’est aussi l’occasion d’une coupure au milieu de la semaine. Les élèves sont plus calmes le matin et c’est un autre avantage, parce que les Arts Visuels sont en général l’occasion de beaucoup de bruit, ce qui peut virer à l’explosion l’après-midi.

EPS et Questionner le monde

En début d’après-midi, je fais de la relaxation (encore un sujet que je pourrais approfondir dans un article). Parfois, il s’agit juste de croiser les bras dans la pénombre pour se calmer après le retour de la maison ou la cantine. Du coup, mes débuts d’après-midi sont souvent extrêmement paisibles. Ça me permet d’expliquer ce qu’on fera en EPS en chuchotant ou ce que nous allons faire dans le cadre du « Questionner le monde ». Les élèves restent en général calme jusqu’aux alentours de 15h et je peux bien travailler. Je n’ai pas l’impression de sacrifier ces disciplines à l’horaire de fin de journée dont on sait rarement que faire.